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Sabtu, 08 Februari 2020

Où il n'est pas question d'amour et autres récits (Romans Nouvell)

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Où il n'est pas question d'amour et autres récits (Romans Nouvell) Details

Des contes qui mettent en scène "l'après-Billancourt", au moment où la dépression ébranle encore une fois le petit monde de l'exil qui avait commencé à s'organiser autour des usines Renault.

Reviews

Quand de jeunes écrivains promis à la gloire écrivaient leurs premiers livres comme des témoignages sur l'émigration: Nabokov, Kessel, Némirovsky, Troyat. Parmi eux, Nina Berberova, dans le recueil « Où il n'est pas question d'amour », fait entendre la petite musique de l'exil. Non ! Ces exilés ne sont pas heureux, bien qu'ils le taisent. Tous ces « émigrés déclassés » se présentent dans un état de détresse profonde. « Ils vivent pauvrement et ce n'est pas propre chez eux. » Les femmes sont tributaires du sort que leur fait leur compagnon d'infortune. Quand il n'y a plus rien, on vend jusqu'au dernier bijou. On vole parfois. Et puis il y a la solitude, la coupure avec les proches et la fracture de l'enfance. Il s'agit pour certains de se composer une véritable amnésie volontaire dont l'enjeu est l'intégration par l'effacement. « Alexandre Lvovitch estimait que sans sa barbichette, il était impossible de concevoir un Russe à Paris ». Voici alors un homme de 54 ans qui a décidé de vivre à 100% et de goûter à tous les plaisirs. Berberova ne parle pas uniquement de fuites, de pertes, de séparations' A côté d'une incapacité à atteindre le bonheur hors du pays natal, l'écrivain décrit certaines formes de réussites comme avec cet épisode du retour à Moscou du compositeur Timoféev, tout auréolé de gloire. Mais, alors, pour ceux qui sont restés, il n'y a plus rien de commun, aucune émotion, une totale indifférence. Quant à ceux qui ont réussi à s'en tirer comme Diker, le bilan est un constat d'échec: « C'est alors qu'il se rendit compte qu'il avait vécu dans cette maison comme s'il avait habité dans une chambre d'hôtel ». Décidemment l'exil n'est rien d'autre qu'une souffrance. De cette vision romancée, il faut parfois se méfier : la belle littérature de Berberova n'échappe pas à la critique (cf. « Nina Berberova et la mythologie culturelle de l'émigration russe en France par Leonid LIVAK. » Cahiers du monde russe. 2002/2-3 (Vol 43). Editions de l'E.H.E.S.S.). 24/10/2010

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